Nom d'entreprise libre ? Registre, INPI et domaines
Vous avez trouvé un nom pour votre entreprise et le .com est libre. Bonne nouvelle, mais ce n'est qu'un début. Un nom d'entreprise peut être disponible comme nom de domaine ou sur Instagram tout en étant déjà protégé par un tiers. Voici comment mener une vérification sérieuse, étape par étape.
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une sécurité totale, faites-vous accompagner par un professionnel.
Trois notions à ne pas confondre
On parle souvent du "nom" d'une entreprise comme d'une seule chose. En réalité, plusieurs notions coexistent :
- **La dénomination sociale** est le nom juridique de la société. Elle figure dans les statuts et est inscrite au registre des entreprises. Elle identifie la personne morale.
- **Le nom commercial** est le nom sous lequel l'entreprise exerce son activité et se fait connaître de sa clientèle. Il peut être différent de la dénomination sociale.
- **L'enseigne** est le signe qui désigne un établissement physique, par exemple la devanture d'une boutique.
- **La marque** est un signe déposé auprès d'un office de propriété industrielle (l'INPI en France, l'EUIPO pour l'Union européenne) pour des produits ou services précis. Elle confère un droit exclusif d'exploitation sur ces produits ou services.
Une société peut donc s'appeler "Dupont et Associés SAS", exercer sous le nom commercial "Atelier Lumen" et avoir déposé la marque "Lumen" pour ses luminaires. Chacune de ces couches doit être vérifiée.
La notion d'antériorité
Choisir un nom revient à vérifier qu'il ne porte pas atteinte à des droits antérieurs, ce que l'on appelle les antériorités. Parmi elles :
- une marque déjà enregistrée ;
- une dénomination sociale ou un nom commercial utilisé avant vous ;
- une enseigne connue sur le territoire concerné ;
- un nom de domaine réellement exploité ;
- dans certains cas, des droits d'auteur ou le nom d'une collectivité.
Il ne s'agit pas seulement de noms identiques. Le risque principal est celui de la confusion : un nom proche visuellement, phonétiquement ou intellectuellement, utilisé pour des activités similaires, peut suffire à poser problème.
Les classes de Nice
Une marque n'est pas protégée pour tout, mais pour les produits et services désignés lors du dépôt. Ceux-ci sont organisés selon la classification de Nice, qui compte 45 classes : 34 pour les produits et 11 pour les services.
Concrètement, une marque déposée pour des vêtements n'empêche généralement pas un logiciel de porter le même nom. En revanche, les marques renommées bénéficient d'une protection élargie. Lors de vos recherches, concentrez-vous donc sur les classes correspondant à votre activité, sans oublier les classes voisines.
Étape 1 : le registre des entreprises
Commencez par vérifier qu'aucune société n'utilise déjà ce nom dans votre secteur. En France, le registre national des entreprises, accessible notamment via les services en ligne de l'INPI et l'annuaire officiel des entreprises, permet de rechercher une dénomination.
Nomok interroge le registre des entreprises français et vous indique si des sociétés portent un nom identique ou proche. Un résultat ne signifie pas automatiquement que le nom vous est interdit : deux entreprises homonymes peuvent coexister si leurs activités et leurs zones géographiques sont très différentes. Mais c'est un signal à analyser.
Étape 2 : les bases de marques
C'est l'étape la plus importante. Consultez :
- **la base de l'INPI** pour les marques françaises ;
- **la base de l'EUIPO** pour les marques de l'Union européenne ;
- **des bases internationales** comme celle de l'OMPI si vous visez d'autres pays.
Ne vous limitez pas à la recherche exacte. Testez les variantes orthographiques, les pluriels, les sonorités proches. Nomok vous fournit des raccourcis vers les recherches INPI et EUIPO pour votre nom : ces vérifications sont signalées "À vérifier manuellement", car seule une lecture attentive des résultats permet de conclure.
Étape 3 : domaines et réseaux sociaux
Une fois le terrain juridique déblayé, vérifiez la disponibilité de votre nom sur les extensions de domaine et les réseaux sociaux qui comptent pour vous. Un nom libre juridiquement mais impossible à obtenir en ligne vous obligera à des compromis gênants.
Pourquoi un nom libre sur les réseaux peut être une marque protégée
C'est une erreur fréquente : "le compte Instagram est libre, donc le nom est libre". Les plateformes ne vérifient pas les droits de marque lors de la création d'un compte. Une marque peut être déposée depuis des années sans que son titulaire n'ait jamais ouvert de compte sur TikTok ou réservé le .com.
À l'inverse, un compte pris n'empêche pas forcément d'utiliser le nom comme marque. La disponibilité en ligne et la disponibilité juridique sont deux questions distinctes.
Quand faire appel à un professionnel
Une recherche personnelle permet d'écarter rapidement les noms clairement indisponibles. Mais l'appréciation du risque de confusion est subtile. Avant d'investir dans un logo, un site et des supports imprimés, il est prudent de consulter un conseil en propriété industrielle ou un avocat spécialisé. Ils peuvent réaliser une recherche d'antériorités approfondie et vous accompagner dans le dépôt de votre marque.
En résumé
- Distinguez dénomination sociale, nom commercial, enseigne et marque.
- Interrogez le registre des entreprises.
- Recherchez les marques identiques et similaires dans les classes pertinentes.
- Vérifiez les domaines et les réseaux sociaux.
- Faites valider votre choix par un professionnel, puis déposez votre marque.
Quelques heures de vérification aujourd'hui peuvent vous éviter un changement de nom contraint demain.